| © 1996, 1997 Bernard SUZANNE | Dernière mise à jour le 18 octobre 2008 |
| Platon et ses dialogues : Page d'accueil - Biographie - Œuvres (in English) et liens vers elles - Histoire de l'interprétation - Nouvelles hypothèses - Plan d'ensemble des dialogues. Outils : Index des personnes et des lieux - Chronologie détaillée et synoptique - Cartes du monde grec ancien. Informations sur le site : À propos de l'auteur | |
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| « Mais ces jardins faits de lettres, c'est à ce qu'il semble par manière de divertissement qu'il les sèmera et les écrira ; et chaque fois qu'il écrira, se constituant ainsi un trésor de souvenirs en vue de la vieillesse oublieuse, pour lui s'il l'atteint, et pour tous ceux qui marcheront sur ses traces, il prendra plaisir à contempler la croissance de ces tendres pousses. Et quand d'autres se laisseront aller à d'autres sortes de distractions, étanchant leur soif dans des beuveries et ce qui leur ressemble comme des frères, lui, au contraire, à ce qu'il semble, passera son temps à se divertir comme je dis. » (Phèdre, 276d) | ||
Les
ouvrages qui nous ont été transmis à travers le Moyen-Âge
sous le nom de Platon comprennent un ensemble de 41 « dialogues »,
une collection de 13 lettres et un livre de Définitions
(1). Mais il était déjà clair
dans l'antiquité que tous ces ouvrages n'étaient pas de Platon
lui-même.
Les dialogues qui sont certainement ou très probablement de la main de Platon comprennent (dans l'ordre dans lequel ils ont été publiés à partir de 1920 dans la collection Budé (2), qui se voulait plus ou moins « chronologique », c'est à dire représentant l'ordre supposé dans lequel ils auraient été écrits par Platon) : Hippias mineur, Alcibiade, L'apologie de Socrate, Euthyphron, Criton, Hippias majeur, Charmide, Lachès, Lysis, Protagoras, Gorgias, Menon, Phédon, Le Banquet, Phèdre, Ion, Ménéxène, Euthydème, Cratyle, La République, Parménide, Théétète, Le Sophiste, Le Politique, Philèbe, Timée, Critias, Les Lois, Épinomis (ou supplément aux lois).
À cette liste, il faut ajouter les ouvrages suivants, qui sont très probablement, et même certainement pour plusieurs d'entre eux, apocryphes : Second Alcibiade, Hipparque, Minos, Les Rivaux, Théagès, Clitophon, Du Juste, De la Vertu, Démodocos, Sisyphe, Eryxias, Axiochos. Les Définitions et la plupart des Lettres (avec la très probable exception de la VIIème, comme je l'ai déjà dit) ne sont très vraisemblablement pas de Platon non plus (3).
À un moment donné dans l'antiquité, sans que nous puissions dire avec précision quand, il devint habituel d'arranger les dialogues de Platon en groupes de quatre, appelés « tétralogies », sur le modèle des tétralogies du théâtre classique grec : Diogène Lærce mentionne explicitement le modèle des tragédies comme origine de ces groupements et précise que celui qu'il cite à leur propos attribuait, sinon le groupement particulier qu'il transcrit, du moins ce principe de classement, à Platon lui-même (DL III, 56). La plus ancienne source qui nous soit connue pour un tel groupement, celle précisément que cite Diogène Lærce, est un certain Thrasylle, sur lequel nous ne savons à peu près rien, et qui vécut sans doute au premier siècle de notre ère. Malheureusement, son classement en 9 tétralogies, qui a survécu dans les manuscrits médiévaux, mélange le bon grain et l'ivraie, ce qui ne nous aide pas à accepter l'idée qu'un tel mode de classement pourrait remonter à Platon lui-même. Le classement en tétralogies de Thrasylle est le suivant :
Mais ce même Diogène mentionne aussi un groupement en trilogies (groupes de trois) qu'il attribue à Aristophane de Byzance (IIIème siècle avant J. C.), qui ne reprend qu'une partie des dialogues. Cet arrangement est le suivant :
Il convient de préciser que les tétralogies du théâtre classique grec étaient composées d'une comédie et d'une trilogie de tragédies. S'il y a une part de vérité dans le fait que Platon arrangea ses dialogues selon ce modèle, cela pourrait expliquer pourquoi on entend tantôt parler de trilogies, tantôt de tétralogies... Mais nous y reviendrons.
Une liste alphabétique complète des ouvrages attribués à Platon est fournie à la fin de la note 3 dans le tableau qui décrit les principales traductions en français disponibles, ou encore dans la page de ce site qui fournit des liens vers les textes de Platon sur le Web. Dans le tableau de la note 3, les références aux différentes éditions mentionnées constituent des liens vers la page correspondante du site d'amazon.fr lorsque ces éditions y sont disponibles. En cliquant sur un de ces liens, vous pourrez ainsi commander en ligne l'ouvrage correspondant.
Les visiteurs intéressés à voir à quoi pouvait ressembler un « livre » au temps de Platon peuvent se rendre à la page de ce site appelée « Comme au temps de Platon... » en cliquant ici.
Enfin, les lecteurs qui souhaitent replacer les dialogues de Platon dans leur contexte littéraire et historique trouveront dans la bibliographie sur et autour de Platon disponible ailleurs sur ce site, des indications bibliographiques sur les ouvrages dont la lecture peut éclairer les dialogues
(1) Nous possédons aussi quelques épigrammes, courts poèmes utilisés comme inscriptions funéraires, qui sont parvenus jusqu'à nous de différentes manières sous le nom de Platon (certains d'entre eux sont cités par Diogène Lærce dans sa vie de Platon). Comme pour les Lettres, l'authenticité de chacun doit être décidée au cas par cas. (retour)
(2) L'édition Budé, nom abrégé de la « Collection des Universités de France » publiée sous le patronage de l'Association Guillaume Budé par la Société d'édition « Les Belles Lettres » à Paris, est une collection qui propose, pour de nombreux auteurs anciens grecs et latins, une édition critique du texte original et une traduction en français en pages vis-à-vis, ainsi qu'une introduction et un apparat critique. L'édition complète des œuvres de Platon dans cette collection commença en 1920 et est depuis longtemps achevée. (retour)
(3) Le texte
grec de la plupart
des dialogues authentiques, et de certains des dialogues douteux, est disponible
sur le Web, ainsi que de nombreuses traductions en anglais de ces œuvres. Pour
plus d'informations sur le moyen d'y accéder, voir la page liens
vers les textes de Platon sur le Web.
Le texte grec des dialogues de Platon qui composent les neuf tétralogies
de Thrasylle (voir ci-dessus), plus celui de quelques
dialogues douteux (Définitions, Du juste, De la vertu,
Démodocos, Sisyphe, Eryxias et Axiochos)
est disponible en édition critique dans les cinq volumes des Platonis
Opera dans la collection Oxford Classical Texts (OCT) publié
par Oxford University Press (Vol. I :
Euthyphro, Apologia Socratis, Crito, Phaedo, Cratylus, Theaetetus, Sophista,
Politicus ; Vol. II :
Parmenides, Philebus, Symposium, Phaedrus, Alcibiades I, II, Hipparchus, Amatores ;
Vol. III :
Theages, Charmides, Laches, Lysis, Euthydemus, Protagoras, Gorgias, Meno, Hippias
major, Hippias minor, Io, Menexenus ; Vol. IV :
Clitopho, Res Publica, Timaeus, Critias ; Vol. V : Minos,
Leges, Epinomis, Epistulae, Definitiones et Spuria).
Pour les éditions de traductions en français, on trouve, à côté de
l'édition Budé (voir note 2) en 25 volumes,
qui reste la référence pour ceux qui veulent se reporter au texte
grec, la plupart des dialogues traduits en français dans une ou
plusieurs éditions de poche. La plus complète est la collection
Garnier Flammarion, qui propose une « ancienne » édition
en 7 volumes de presque tous les dialogues sauf les Lois, due à Émile
Chambry (1864-1938) (et Robert Baccou pour la République) remontant
aux années soixante, mais qui reprenait en fait des traductions antérieurement
publiées dans l'ancienne collection des Classiques Garnier (la plupart
des volumes sont toujours disponibles), et qui a entrepris depuis 1987 une
réédition des dialogues par de nouveaux traducteurs, en un plus
grand nombre de volumes (un ou deux dialogues par volume), mais avec des introductions
et des notes beaucoup plus abondantes. Cette nouvelle édition s'est
achevée en 2006 avec la publication de la traduction des Lois en
deux volumes. On trouve aussi, dans la collection de poche « Tel » de
Gallimard, plusieurs volumes reprenant, à raison de trois ou quatre
dialogues par volume, les traductions de l'édition Budé.
En octobre 2008, Flammarion a publié une édition
en 1 volume des œuvres complètes de Platon, réalisée sous la
direction de Luc Brisson et incluant les ouvrages douteux et apocryphes, qui
reprend les traductions nouvelles publiées
séparément
en collection de poche (sans les notes abondantes qui figuraient dans ces
éditions) et y ajoute la traduction par Luc Brisson des écrits
douteux et apocryphes, ainsi qu'un index général.
À côté de cette édition en 1 volume, il existe,
dans la bibliothèque de la Pléiade, une édition
en deux volumes des œuvres complètes de Platon (tome
I et tome
II), incluant, elle
aussi, les ouvrages douteux et apocryphes, due à Léon Robin
(1866-1947) (Joseph Moreau pour le Parménide et le Timée).
Le tableau ci-dessous liste les dialogues par ordre alphabétique et indique pour chacun, parmi les quatre éditions multi-volumes mentionnées (Budé, Pléiade, GF ancienne, GF nouvelle), dans quel volume il se trouve, quand il y figure, ainsi que la date de publication et, pour Budé et GF nouvelle, quel est le traducteur (nous ne mentionnons pas dans ce tableau l'édition en un volume parue en octobre 2008 chez Flammarion, qui regroupe toutes les traductions parues séparément dans la collection GF (nouvelle édition) et y ajoute une traduction par Luc Brisson des écrits douteux et apocryphes non traduits dans l'édition de poche). Dans ce tableau, comme dans le texte de toute cette note, les références aux différentes éditions mentionnées constituent des liens vers la page correspondante du site d'amazon.fr lorsque ces éditions y sont disponibles. En cliquant sur un de ces liens, vous pourrez ainsi commander en ligne l'ouvrage correspondant. Les ouvrages dont le titre est en minuscules italiques sur fond grisé sont les ouvrages probablement ou certainement apocryphes (j'ai listé les Lettres selon cette graphie bien que je tienne la lettre VII, et elle seule, pour authentique).
Il est instamment recommandé aux lecteurs qui ne lisent pas
le grec ancien de consulter plusieurs traductions du même dialogue
s'ils veulent faire un travail sérieux dessus, ne serait-ce que pour
éviter de construire des théories "fantaisistes"
à partir de ce qui n'est peut-être qu'une traduction
contestable du texte original. La confrontation de plusieurs traductions
permet au moins d'identifier les endroits où il pourrait y avoir
un problème de compréhension du texte de Platon, là
où les écarts sont sensibles d'un traducteur à l'autre
pour le même passage.
Pour
les éditions des traductions en anglais, voir la version
anglaise de cette page. (retour)