| © 1999, 2024 Bernard SUZANNE | Dernière mise à jour le 28 août 2025 |
| Platon et ses dialogues :
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(4ème tétralogie : L'âme - 3ème dialogue de la trilogie) |
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Ce dialogue fait suite à la République et conclut la trilogie de la quatrième tétralogie, la tétralogie centrale sur l'âme (psuchè) Phèdre / République / Phédon, introduite par le Banquet. Là où le Banquet nous raconte une nuit dans la vie de Socrate qui sera pour nous l'occasion de l'entendre raconter une partie de sa formation aux « choses de l'amour » (ta erôtica) par une femme nommée Diotime (« qui honore Zeus ») originaire de la ville de Mantinée (nom qu'on pourrait « traduire » en français à partir de son étymologie par « Prophèteville »), qui est sans doute une création de Platon, et nous fait réfléchir sur l'amour (erôs), moteur de l'âme, à travers des discours sur le dieu Erôs, le Phédon nous raconte une journée vers la mort de Socrate qui sera pour nous l'occasion de l'entendre raconter, dans le cadre d'une réflexion sur l'immortalité de l'âme (psuchè), qu'il n'est pas capable de « prouver » de manière indubitable, son évolution intellectuelle au contact en particulier de la lecture d'Anaxagore, qui nous fait réfléchir sur le logos, qui distingue l'homme des autres animaux et sur la manière dont il nous permet de comprendre le monde dont nous faisons partie pour tenter, par son usage correct, d'arriver à l'excellence (aretè) propre aux êtres humains plutôt que de tomber dans la misologie (misologia, Phédon, 89d4), la haine du logos, qui est la forme la plus accomplie de misanthropie puisque le logos est ce qui nous spécifie en tant qu'hommes (anthrôpoi). Et c'est précisément la découverte de ce rôle central du logos lorsqu'il est proprement utilisé par ceux qui sont dialektikoi, c'est-à-dire qui maîtrisent l'art de faire bon usage du logos dans la pratique du dialogue (to dialegesthai) pour parvenir au savoir, qui est l'objet de cette autobiographie intellectuelle que Socrate nous propose dans le dialogue. Mais faire un bon usage du logos suppose à la fois d'en comprendre les mécanismes et d'en connaître les limites, et c'est ce que nous fait toucher du doigt ce dialogue sur la question de l'immortalité de l'âme, que Socrate se sait incapable de prouver de manière irréfutble (s'il le pouvait, pourquoi présenterait-il une pluralité d'arguments plutôt qu'une unique « démonstration » comme il le fait dans le Ménon pour le doublement du carré ?), tout en sachant qu'il est tout aussi impossible de démontrer le contraire, car savoir ce que devient ce qu'il appelle psuchè (« âme »), à supposer que cela « existe », à la mort n'est pas dans les possibilités de la raison humaine (logos).
Pour une analyse du prologue du Phédon montrant le caractère invraisemblable de cette description du dernier jour de Socrate et du prologue qui est supposé en garantir la véracité, et des motivations de Platon pour écrire ces invraisemblances, on se reportera à la page de ce site intitulée Les Socrates de Platon, et en particulier aux sections Les dialogues à prologue « historique » : la question des sources et suivantes.
Les portions du Phédon traduites et annotées par moi disponibles sur ce site sont :